LA PRESSE | MONTRÉAL   La
Coalition
Corps-Accord
Des recherches emballantes!


collaboration spéciale

 
    Il est clair que l'obésité est associée à plusieurs maladies sérieuses. Les recherches le démontrent. Cela dit, certaines études montrent aussi qu'il est possible d'être groset en santé.     La méthode de mesure pour déterminer l'obésité serait-elle la source de ce malentendu?
      En 1998, une institution américaine reconnue a publié les nouvelles lignes directrices pour le dépistage, l'évaluation et le traitement de l'obésité chez 1'adulte. Ces recommandations abaissaient la barre de l'obésité à un niveau beaucoup plus bas qu'auparavant, plaçant ainsi instantanément plusieurs milliers de personnes supplémentaires dans la catégorie des obèses.
    On défînit maintenant l'obésité avec (entre autres système de mesure) l'IMC (l'indice de masse corporelle.) Un IMC de 30 et plus indique que l'individu est obèse. On calcule 1'IMC de la façon suivante: le poids en kilos, divisé par la taille en mètre au carré.
    
Utiliser l'IMC pour défïnir l'obésité a ses limites. L'IMC n'est pas un bon indicateur de la condition physique ou de la tension artérielle, et ne fait pas de différence entre les tissus maigres et les tissus gras, l'élément le plus important pour déterminer l'obésité.
    
Encore plus, l'IMC ne tient pas compte des différences de sexe, d'âge ou de race.
    
Des chercheurs ont examiné les dossiers de 21 925 hommes de poids et de taille variés. On a évalué le pourcentage de gras corporel, la masse maigre et on a passé au peigne fin l'histoire médicale des participants, des huit dernières années.

    Ils ont démontré que les hommes qui étaient gros mais en bonne condition physique n'avaient pas un risque de mortalité plus élevé.
     En fait, les hommes considérés comme gros mais en forme avaient un risque de mortalité moins élevé que leurs pairs plus minces mais en condition physique médiocre...
     D'autres études ont aussi prouvé qu'une mauvaise condition physique liée à la sédentarité est plus dangeureuse et comporte plus de risques morbides que l'obésité(1).
     En utilisant l'IMC pour évaluer leurs patients, trop de médecins continuent de mettre l'accent sur la perte de poids, négligeant le rôle crucial de l'activité physique.
     Est-ce que la perte de poids est essentielle pour toutes les personnes qui font de l'embonpoint ou qui sont obèses?
     Même si on sait qu'une perte de poids aussi minime que 3% à 9% du poids corporel peut améliorer de façon considérable la santé d'un individu à risque, les chercheurs croient qu'il est possible de mettre la perte de poids de côté et de placer l'accent sur la condition physique.
     Connaissez-vous Dave Alexander? Il mesure 5 pieds 8 pouces et pèse 250 livres. Son IMC est de 38 et il est considéré comme un cas d'obésité morbide. Il a aussi participé à 264 triathlons... Une semaine typique d'entraînement? Huit kilomètres de natation, 48 kilomètres de course à pied et 320 en vélo. Il a un pouls au repos de 60 battements par minute, sa tension artérielle est de 120 sur 80 et il a un niveau de stress tout à fait normal.
Bref, il est un athlète accompli!

1-Lee,Blair & Jackson, 1999, Journal of the American Medical Association, 69-3

Est fière de remettre son
Prix Corps-Accord 2004

À Madame Josée Lavigueur

Pour son article intitulé :
« Des recherches emballantes ! » paru dans la Presse de Montréal.